Pourquoi ?

Pourquoi intervenir dans les collèges et les lycées ?
 

Témoignages

Élèves de 4ème de collège :

« j’ai une cousine lesbienne qui vit à Lyon. On ne la fréquente plus dans la famille depuis qu’elle est partie vivre avec sa copine... Dommage j’aime bien cette cousine... »

« Au collège je suis sûre qu’il y a plein d’homos mais les garçons, ils n’osent pas le dire parce qu’ils sont en bande et qu’ils ont peur d’être exclus... Des lesbiennes il y en a aussi mais on le sait parce qu’entre filles on se dit tout et on s’en fout de comment elles vivent ! »

Lycéen en Bac pro : « si mon frère il me dit qu’il est homo, je l’enferme dans sa chambre et je cogne jusqu’à ce qu’il change... »

Un professeur : « J’étais avec des collègues dans la cour et j’ai entendu des élèves qui proféraient des insultes homophobes sur mon passage. Les collègues ont fait comme s’ils n’avaient rien entendu et ne m’ont rien dit...»

Une professeure : « Il n’y a pas d’homophobie parmi les collègues au collège, il n’y a d’ailleurs pas de collègues homosexuels... enfin je crois... »

Lucas, lycéen témoigne dans un reportage diffusé sur France 2 (« Les souffre-douleurs ils se manifestent », émission infrarouge en février 2015) : « mon pire souvenir, c’était dans le bus, y avait des collégiens qui étaient assis derrière moi et ils ont essayé de passer la main entre les sièges pour, comme ils disent, m’enculer avec leurs doigts. »

[…] « Ça a circulé dans le lycée, j’m’en rappelle, une matinée, en 15 minutes, lorsque j’étais en cours j’ai reçu 106 messages [d’insultes] »

Rapport annuel de SOS Homophobie

L’année 2019 voit paraître la 23e édition du Rapport sur l’homophobie et marque les 25 ans de SOS homophobie. Ce quart de siècle de militantisme pour l’égalité des droits n’a pas permis d’éradiquer les violences envers les lesbiennes, gays, bi·e·s, trans et intersexes. Une fois de plus, ce rapport se fait l’écho de l’intolérance, du rejet et de la haine envers les personnes LGBT+.

2018 a été une année noire.

SOS homophobie a recueilli 1 905 témoignages, soit une augmentation de 15 % par rapport aux données de 2017. L’accroissement du nombre d’actes LGBTphobes signalés à notre association s’accompagne d’une hausse alarmante du nombre d’agressions physiques. Ces signalements ont dramatiquement progressé au dernier trimestre de l’année 2018, allant jusqu’à atteindre une agression physique par jour. Ces chiffres confirment la réalité des violences dont sont victimes les personnes LGBT+.

Autre fait marquant de cette année 2018 : l’augmentation spectaculaire des signalements d’actes lesbophobes. Les témoignages recueillis mettent en évidence les diverses formes d’agressions dont sont victimes les lesbiennes. Nous saluons le courage des victimes, qui désormais, brisent la loi du silence et osent témoigner. SOS homophobie reste plus que jamais mobilisée contre toutes les discriminations et violences LGBTphobes.

La demande des personnels et des élèves

Les enseignants-es ou le personnel d’encadrement sont souvent démunis face au questionnement des ado, sur leur orientation sexuelle, l’identité, face aux insultes liées à l’orientation sexuelle réelle ou supposée, face à l’attitude de certains élèves (genre, efféminé).

Les élèves nous sollicitent par rapport à un climat scolaire qui se dégrade ou par rapport à des événements d’actualité.

Tous ces acteurs du milieu scolaire sollicitent l’association pour traiter du sujet de l’homosexualité, de l’homophobie, de l’homoparentalité, de la transidentité, des stéréotypes de genre et du sexisme.

Pour répondre à ces demandes, chaque intervention est structurée à partir d’une ou plusieurs rencontre(s) préparatoire(s). Celles-ci s’appuient sur le projet de l’établissement et permettent de définir les objectifs, les modalités d’intervention, les rôles de chacun, le contenu, les critères d’évaluation. Une convention est produite suite à ces rencontres. Nous intervenons toujours au moins à 2, si possible avec mixité, avec parfois la présence d’un observateur (qui se forme et peut faire des retours ).